FICHE TECHNIQUE
3 saisons de 13, 12 et 12 épisodes, d'environ une heure.
Titre français: Sur ECOUTE
Créateur: David Simon
Producteurs: Edward Burns, Robert F. Colesberry, George Pelecanos, Nina
Kostroff Noble, Karen L. Thorson, Joe Chappelle.
Studio de production: HBO
Genre: Investigation. |
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The Wire est une série policière dont l'intrigue se déroule dans les rues
de Baltimore. Elle doit son nom aux nombreux systèmes et stratagèmes de
surveillance (micros, caméras, jumelles, lignes sur écoutes, clonage de
pagers et d'ordinateurs) que déploient les policiers pour pouvoir coincer
les trafiquants de drogue et autres dockers chapardeurs.
Si on devait résumer la série avec un seul mot, ce serait sans hésitation:
réalisme, voire hyper-réalisme. The Wire est une série policière atypique
à bien des égards.

"Sur le fond, ca rox. Sur la forme, ca oune" - Lemonhead
Pour expliquer le niveau de réalisme absolument époustouflant atteint par
cette série, il faut savoir que David Simon et Edward Burns, les créateurs
de la série, sont natifs de Baltimore et y résident. Ils occupaient respectivement
les fonctions de chroniqueur pour la section criminelle du Sun et inspecteur
de police. Bien des personnages et histoires sont inspirés de personnes et faits
réels (les écoutes par exemple ou le personnage d'Avon Barksdale ou encore
Omar Little). De plus, la série est tournée entièrement à Baltimore et
tous les scénaristes sont des journalistes ou romanciers spécialistes des
histoires sur fond de paysages urbains. Rafael Alvarez par exemple - auteur
du livre "The Wire: Truth Be Told" - natif et basé à Baltimore,
est un ancien journaliste du Sun et travaille occasionnellement comme ouvrier
sur le port de Baltimore. On comprend aisément la force de sa contribution
dans la saison deux notamment.
On trouve une foultitude de personnages dans The Wire. Il n'y a pas vraiment
de personnage principal (même si certains comme l'inspecteur Jimmy Mac
Nulty ou le terrible Avon Barksdale sont des figures incontournables de
la série). Aucun personnage n'est laissé en arrière-plan. Comme dans la
vraie vie, chacun joue son rôle et amène sa part de complexité dans l'intrigue
principale. Il n'y a pas vraiment de héros. Oubliez le concept manichéen des gentils policiers sans reproche qui traquent
sans relâche les fourbes hors-la-loi sans pitié. Vous ne trouverez pas
de ça dans cette série. Ici, chez les policiers comme chez les gangsters,
on trouve des qualités et des défauts. Ce qui est particulièrement atypique
aussi pour un show policier c'est que le quotidien des trafiquants et vendeurs
de drogue est développé au moins autant que la vie de commissariat des
policiers.
Ce nombre important de personnages permet ainsi de développer énormément
de sous-intrigues. Ces sous-intrigues et bien souvent les différents personnages
finissent par s'inter-connecter à un moment ou un autre de la série (c'est
encore plus vrai dans la troisième saison). La complexité de ce mélange
d'intrigues secondaires qui forme un tout au fil de chaque saison fait
la force de la série. Parfois même, une phrase, un fait, anodin sur le
moment peut prendre toute son importance dans la saison suivante. The Wire
est une série qu'il faut suivre attentivement. Chaque épisode se déguste
lentement. Et il peut être vu plusieurs fois de suite sans générer l'ennui
car il est quasi impossible d'appréhender toutes les subtilités d'un épisode
en une seule lecture.
Dans chaque saison, D. Simon tente de délivrer un message politique différent
bien précis. La première saison fait la démonstration de l'impuissance
du système de fonctionnement répressif de la police dans sa lutte contre
la drogue. Dans la deuxième saison un constat de désolation est fait à propos des
ouvriers du port de Baltimore, de leur lutte pour survivre les contraignant
à sombrer dans l'illégalité et de la mort annoncée de leur activité dans
un futur proche. Dans le même temps, l'intrigue de la première saison se
poursuit en filigrane (avec là encore des inter-connexions multiples avec
l'intrigue principale) pour mieux préparer la troisième saison. Celle-ci
met en relief les dérives politiques et comment les ambitions personnelles
de chacun viennent saper le travail des policiers de terrain. La quatrième
saison, diffusée sur HBO en 2006, décortique le fonctionnement du
système éducatif américain. Dans la cinquième et dernière saison,
David Simon et son équipe s'attachent à nous dépeindre le fonctionnement
et certaines dérives de la presse écrite par le biais du quotidien des
journalistes du Baltimore Sun.
En France, la première saison a été diffusée sur Canal Jimmy début 2004,
mais cette chaîne se refuse de diffuser la suite en invoquant le fait que
<<cette série n'a pas su trouver son public>>. Je suppose que le niveau d'attention et de concentration exigé pour suivre
cette série (on ne saute pas un épisode de The Wire et on les regarde dans
l'ordre, si possible plusieurs fois !) explique les résultats insatisfaisants
d'audience. |